Accueil Forums Débats Grands débats Les animaux pensent-ils ? Rép :Les animaux pensent-ils ?

#2734
Prince
Participant

@nogame 2920 wrote:

La question qui me vient à l’esprit suivant ce que vous dites sur le fait que les animaux pensent c’est : pensez-vous que ces états de faits décrits par miss_angel par exemple soient le fait de penser ou juste de l’instinct de rétention ? a force de geste répétés une implication à la pensée est possible? qu’un animal sauve une vie soit il le fait que cet animal pense?

Je suis de cet avis Nogame. Je ne pense pas que ce soit la pensée qui guide un chien qui accomplit ce genre d’exploit mais un instinct de rétention ou de conservation. Je vous donne l’exemple d’un buffle qui défend la vie de son petit parfois en risquant sa propre vie (attitude qui va contre toute logique d’instinct de conservation. Ci dessous une lettre de Descartes à Newcastle intitulé :  » pourquoi les animaux ne parlent pas  »

 » Enfin, il n’y a aucune de nos actions extérieures, qui puissent assurer ceux qui les examinent, que notre corps n’est pas seulement une machine qui se remue de soi-même, mais qu’il y a aussi en lui une âme qui a des pensées, exceptées les paroles, ou autres signes, faits à propos de ce qui se présente, sans se rapporter à aucune passion. Je dis les paroles ou autres signes, parce que les muets se servent de signes en même façon que nous de la voix ; et que ces signes soient à propos, pour exclure le parler des perroquets sans exclure celui des fous, qui ne laisse pas d’être à propos des sujets qui se présentent, bien qu’il ne suive pas la raison ; et j’ajoute que ces paroles ou signes ne se doivent rapporter à aucune passion, pour exclure non seulement les cris de joie ou de tristesse, et semblables, mais aussi tout ce qui peut être enseigné par artifice aux animaux ; car si on apprend à une pie à dire bonjour à sa maîtresse, lorsqu’elle la voit arriver, ce ne peut être qu’en faisant que la prolation de cette parole devienne le mouvement de quelqu’une de ses passions ; à savoir, ce sera un mouvement de l’espérance qu’elle a de manger, si l’on a toujours accoutumé de lui donner quelque friandise, lorsqu’elle l’a dit ; et ainsi toutes les choses qu’on fait faire aux chiens, chevaux et aux singes ne sont que des mouvements de leur crainte, de leur espérance, ou de leur joie, en sorte qu’ils les peuvent faire sans pensée. Or, il est, ce me semble, fort remarquable que la parole étant ainsi définie, ne convient qu’à l’homme seul. Car bien que Montaigne et Charron aient dit qu’il y a plus de différence d’homme à homme, que d’homme à bête, il ne s’est toutefois jamais trouvé aucune bête si parfaite qu’elle ait usé de quelque signe, pour faire entendre à d’autres animaux quelque chose qui n’eût point de rapport à ses passions, et il n’y a point d’homme si imparfait qu’il n’en use ; en sorte que ceux qui sont sourds et muets, inventent des signes particuliers, par lesquels ils expriment leurs pensées. Ce qui me semble un très fort argument, pour prouver que ce qui fait que les bêtes ne parlent point comme nous, est qu’elles n’ont pas de pensées, et non point que les organes leur manquent. Et on ne peut pas dire qu’elles parlent entre elles, mais que nous ne les entendons pas ; car, comme les chiens et quelques autres animaux nous expriment leurs passions, ils nous exprimeraient aussi bien leurs pensées, s’ils en avaient. »

Moi je pense que dans cette lettre Descartes exprime très bien le fond de ce que je pense du fait que pensent les animaux ou non. Qu’en pensez vous?